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Raw Review: PATHOLOGIE DU CADRE: QUAND L’ART BRUT S’ÉCLATE

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PATHOLOGIE DU CADRE: QUAND L’ART BRUT S’ÉCLATE

PATHOLOGIE DU CADRE: QUAND L’ART BRUT S’ÉCLATE
Michel Thévoz; preface by Sarah Lombardi
Paris: Les Éditions de Minuit, 2020
ISBN: 978-2-7073-4639-1
18 euros

How do the notions of the frame and of framing function in the work of art brut creators, and how do these artists break the formal rules imposed by this well-known, compositional device?

In his newest book, Pathologie du cadre: Quand l’Art Brut s’éclate, the Swiss art historian Michel Thévoz examines these topics and these questions. (Written in French, the book’s title can be translated as “Pathology of the Frame: When Art Brut Explodes”.)

Thévoz was a friend and close collaborator of Jean Dubuffet (1901-1985), the influential French modern artist who, in the 1940s, first articulated the aesthetic characteristics that typify art brut (“raw art”) and gave the phenomenon its name. Thévoz served as the first director of the Collection de l’Art Brut, the museum Dubuffet founded in Lausanne, Switzerland, which opened in 1976.

Pathologie du cadre: Quand l’art brut s’éclate is a tour de force of eye-opening insight and erudition focusing on how the idea of the frame, both as a compositional tool for organising pictorial space and as a conceptual device for delineating intellectual, social, psychic, and other kinds of boundaries, has been employed by the makers of art brut. Thévoz also examines literal examples of frames as objects that demarcate and contain the borders of works of art and become integral elements of their compositions.

In an interview with Raw Vision, Thévoz recalled that, as a teenager, he discovered the work of the Swiss artist Louis Soutter (1871-1942), who made paintings with fingers dipped in ink or paint. In Soutter’s works, Thévoz noted, “The frame — that is, the common rectangular format — felt like a form of incarceration.” Soutter’s human figures, he pointed out, “had to fold themselves into confined, rectangular-shaped pictorial space.”

Pathologie du cadre’s themes serve as the basis of L’Art Brut s’encadre (Art Brut Frames Itself), an intriguing exhibition Thévoz has curated for the Collection de l’Art Brut, where it will open on December 11, 2020, and remain on view through April 25, 2021. It features works by 40 artists, all of which have been culled from the Swiss museum’s extensive collection.

About the theme of the frame, Thévoz observed, “Each art brut creator grapples with the sacred rectangular border, which is something trained artists take for granted. For art brut makers, it represents a challenge but also, as a result, a jumping-off point for invention.”

Edward M. Gómez

 

PATHOLOGIE DU CADRE: QUAND L’ART BRUT S’ÉCLATE
Michel Thévoz; préface par Sarah Lombardi
Paris: Les Éditions de Minuit, 2020
ISBN: 978-2-7073-4639-1
18 euros

Les concepts du cadre et de l’encadrement : comment est-ce qu’ils fonctionnent dans les oeuvres des créateurs de l’art brut et comment est-ce que ces artistes transgressent les règles formelles imposées par cette technique compositionnelle si bien connue?

Dans son plus dernier livre, Pathologie du cadre: Quand l’Art Brut s’éclate, qui vient de paraître, l’historien de l’art suisse Michel Thévoz examine ces sujets et ces questions.

Thévoz était un ami et un collaborateur proche de Jean Dubuffet (1901-1985), l’artiste moderne français influent qui, dans les années 1940, a été le premier à préciser qu’est-ce qu’étaient les caractéristiques typiques de l’art brut et qui a donné un nom à ce phénomène. Thévoz a été le premier directeur de la Collection de l’Art Brut, le musée fondé par Dubuffet dans la ville de Lausanne, Suisse, une nouvelle institution qui s’est inaugurée en 1976.

Pathologie du cadre: Quand l’Art Brut s’éclate est un tour de force révélateur, à la fois perspicace et érudit, qui se concentre sur la notion du cadre et sur son utilisation par les créateurs bruts, et comme outil compositionnel pour organiser l’espace pictural et comme technique pour marquer des frontières intellectuelles, sociales, ou psychiques, ainsi que d’autres types de frontières conceptuelles. Thévoz examine aussi des exemples des cadres qui marquent et contiennent plus littéralement les bordures de certaines oeuvres d’art et qui deviennent des éléments intégraux de leurs compositions.

Dans un entretien récent avec Raw Vision, Thévoz a rappelé sa découverte quand il était adolescent des oeuvres du créateur suisse Louis Soutter (1871-1942), qui créait ses peintures avec des doigts trempés dans l’encre ou dans la peinture. Dans ces créations, Thévoz a noté : « Le cadre — je veux dire le format rectangulaire usuel — y est ressenti comme une incarcération. » Il a noté que les figures humaines réprésentées par Soutter « doivent se plier à ce confinement orthogonal » .

Les thèmes centraux de Pathologie du cadre servent de base pour L’Art Brut s’encadre, une exposition intrigante que Thévoz a organisée pour la Collection de l’Art Brut dans le rôle de commissaire. Elle ouvrira ses portes le 11 décembre 2020 et durera jusqu’au 25 avril 2021. Cette exposition présentera les oeuvres de 40 créateurs et créatrices brut(e)s, toutes tirées de la collection permanente du musée lausannois.

Au sujet du cadre, Thévoz a observé : « Chaque auteur est aux prises avec cette sacrée bordure rectangulaire, qui va de soi pour les artistes patentés, mais qui pour eux [pour les créateurs bruts] représente un défi, donc un ressort d’invention. »

Edward M. Gómez