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Raw Review: Le Livre De Pierre

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Image: © Pier Nello ManoniImage: © Pier Nello ManoniImage: © Pier Nello Manoni

LE LIVRE DE PIERRE
Lucienne Peiry
Paris: Éditions Allia
ISBN: 979-10-304-1214-7

This concise summary of the life and remarkable oeuvre of Fernando Nannetti (1927-1994) examines the unusual character of his artistic production — which, regrettably, no longer exists, except in photographs — and of the circumstances in which it was produced. His now-vanished works have earned this self-taught Italian draughtsman a secure place in the canon of the most definitive, emblematic art brut creators.

Written, in French, by the well-known art brut historian and curator Lucienne Peiry in a manner that is lucid and engaging, Le Livre de Pierre (The Book of Stone) pulls a reader not only into the isolated world in which Nannetti produced his mysterious graffiti but also deep into the process by which he created his writing-drawings on the exterior walls of the psychiatric hospital in Tuscany in which he spent most of his life.

Peiry, a former director of the Collection de l’Art Brut, organised an exhibition focusing on Nannetti at that well-known museum in Lausanne, Switzerland, in 2011. Her text in this small-format book is based in part on the research she conducted for that earlier presentation but it also offers a new invitation to discover the work of a creator that is unique in the annals of art brut.

Fernando Oreste Nannetti was born in Rome in 1927; his father was unknown. As a young boy, he lived in an orphanage and was sent to a psychiatric institution for children. Later, he suffered from a spinal illness, for which he received treatment, and for a while, as a young man, he lived alone. However, in 1956, at the age of twenty-nine, after already having been diagnosed as schizophrenic and having experienced hallucinations and feelings of persecution, Nannetti was arrested for offensive behaviour toward a public official and sent to the Santa Maria della Pietà psychiatric hospital in Rome. In 1958, Nannetti was moved from Rome to the Volterra psychiatric hospital in the Tuscany region of central Italy.

It was there, Peiry explains, that the “taciturn, solitary” Nannetti, withdrawing from the surrounding chaos of his fellow patients’ “brawls, brouhahas, frenzies, and howls”, used nothing more than the metal prongs of the buckle on his hospital-issued vest to incise mysterious lines of text, in stylized, angular letters, on the external stone walls in the courtyard of the psychiatric hospital in which its residents took their daily breaks. His writings flowed back and forth horizontally and around the architectural details that decorated the stone walls.

Peiry notes that Nannetti covered these surfaces “with ingenuity” with his “biographical, auto-fictional, telepathic, and even pseudoscientific or cosmogonic declarations”. The hospital’s stone walls, she explains, “became the sensitive screen for his poetic projections,” and, in Nannetti’s hands, a simple belt buckle became “an instrument of freedom” and the confined man’s “escape key.”

Peiry’s book includes photographs that Pier Nello Manoni shot of Nannetti’s wall drawings in 1979, before they deteriorated with the passage of time. The Volterra hospital closed long ago. Le Livre de Pierre also reproduces, for the first time ever, several of Nannetti’s abstract drawings in ballpoint-pen ink on paper, whose dense compositions suggest affinities with the works of other art brut artists and with those of certain modern artists whose works have been characterised by limited formal vocabularies of line and pattern.

Le Livre de Pierre offers more than just an introduction to the life and work of a distinctive art brut creator. It also vividly captures his creative spirit.

Edward M. Gómez
photos: © Pier Nello Manoni

 

Ce résumé concis de l’histoire de la vie et de l’oeuvre remarquable de Fernando Nannetti (1927-1994) examine le caractère extraordinaire de sa production artistique, qui malheureusement n’existe plus, sauf dans des photographies rares, ainsi que les circonstances dans lesquelles l’artiste a réalisé ses créations. Aujourd’hui tout disparu, son oeuvre lui a valu une place sûre parmi les créateurs les plus définitifs et les plus emblématiques de l’art brut.

Écrit dans un style lucide et engageant par Lucienne Peiry, historienne et organisatrice d’expositions renommée dans le domaine de l’art brut, Le Livre de Pierre amène ses lecteurs à la fois dans le monde isolé dans lequel Nannetti a produit ses graffitis mystérieux et profondément dans le processus de création qu’il a employé pour réaliser ses dessins-écrits sur les parois extérieures d’une l’hôpital psychiatrique en Toscane où il a passé la majeure partie de sa vie.

Ancienne directrice de la Collection de l’Art Brut, à Lausanne, Suisse, Peiry a organisé une exposition consacrée à l’oeuvre de Nannetti pour ce musée renommé en 2011. Son texte dans ce petit livre repose en partie sur les recherches qu’elle avait faites pour cette exposition antérieure mais il nous invite de nouveau à découvrir l’oeuvre d’un créateur qui est unique dans l’histoire de l’art brut.

Fernando Oreste Nannetti est né à Rome en 1927; son père reste inconnu. Pendant son enfance il habite dans une institution de charité et il est envoyé à une institution psychiatrique pour les jeunes. Plus tard, il souffre d’une maladie spinale pour laquelle il reçoit un traitement médical, et enfin, pour une certaine période, il vit seul. Mais en 1956, à l’âge de vingt-neuf ans, après avoir été diagnostiqué schizophrène et après avoir eu des hallucinations et connu des délires de persécution, il est arrêté pour outrage à agent de la fonction publique et il est interné a l’hôpital psychiatrique Santa Maria della Pietà à Rome. En 1958, il est transféré a l’hôpital psychiatrique de Volterra en Toscane.

C’ést là, Peiry nous explique, où Nannetti, « taciturne » et « solitaire » , se retire du chaos autour de lui, d’un « climat étouffant de bagarres, de brouhahas, de délires et de
hurlements » . Provoqué par les autres patients de l’institution, et en utilisant uniquement la double pointe métallique de son gilet attribué par l’hôpital, il commence à inciser des lignes de texte mystérieuses en lettres stylisées et angulaires sur les murs de la cour du bâtiment dans laquelle les résidents de l’institution prennent leur pause quotidienne.

Peiry observe que ces surfaces transformées « avec ingéniosité » par Nannetti « se couvrent de déclarations biographiques, auto-fictives, télépathiques voire pseudo-scientifiques ou cosmogoniques » . Elle note que les murs extérieurs de l’hôpital deviennent « l’écran sensible des projections poétiques de l’auteur » et que, dans la main de Nannetti, un simple ardillon se transforme « en un instrument de liberté et devient sa clé des
champs » .

Le texte de ce nouveau livre est accompagné par les photos prises par Pier Nello Manoni en 1979 des dessins que Nannetti avait faits sur les murs avant leur disparition au fil du temps. L’hôpital psychiatrique à Volterra a été fermé depuis longtemps. Le Livre de Pierre reproduit aussi, pour la première fois, des photos d’une sélection des dessins abstraits que Nannetti a réalisés en encre de stylo à bille sur papier. Dans leurs compositions denses on trouve des affinités avec celles d’autres créateurs bruts et avec les oeuvres de certains artistes modernes caracterisées par des vocabulaires formels (de lignes et de motifs) limités.

Le Livre de Pierre nous offre plus qu’une introduction à la vie et à l’oeuvre d’un créateur exceptionnel de l’art brut. Il capture aussi, d’une manière saisissante, son esprit créatif.

Edward M. Gómez
photos: © Pier Nello Manoni